Fondateur du Scoutisme

Robert Baden-Powell naît à Londres le 22 février 1857. C'est le plus jeune fils d'une famille nombreuse : il a six frères et trois soeurs. Il passe ses vacances à faire du camping, des excursions et de la voile. Son enfance lui donne une solide formation de vie en plein air : le montage de tentes, la lecture de cartes et de boussole, la cuisine au feu de bois sont quelques-unes des techniques auxquelles il s'initie dès le plus jeune âge.

Près de son école à Charterhouse en Angleterre, il a l'habitude de se glisser dans les bois, hors des limites autorisées. Là, il apprend comment effacer ses traces, grimper aux arbres et se camoufler pour échapper à l'attention de ses professeurs.

En 1876, B.-P. est envoyé en Inde en tant que jeune officier de l'armée britannique spécialisé dans la reconnaissance, le relevé topographique et le rapport. Grâce à ses méthodes originales, il devient bientôt instructeur. Il crée de petites unités - des patrouilles - travaillant ensemble sous les ordres d'un chef ; les soldats les plus méritants obtiennent des récompenses spéciales, notamment un badge qui ressemble au symbole traditionnel du point Nord sur la boussole. L'emblème scout reprendra ce symbole. Baden-Powell est un excellent officier : il est entraîneur d'hommes, le chef à qui l'on obéit parce qu'il montre l'exemple à tout moment.


BP capitaine au XIIIème Hussards

B.P. est envoyé en mission dans les Balkans, puis en Afrique du Sud et à Malte. En Afrique, les indigènes l'admirent tellement qu'ils lui donneront le nom d'Impeesa, ce qui veut dire "le loup qui ne dort jamais", en raison de son indéfectible vigilance, de sa hardiesse comme éclaireur et de son extraordinaire habileté en tant que traqueur.


BP en afrique en 1896

Il retourne en Afrique en 1899 lors de la guerre des Boers. Il est alors colonel.

Le commandant en chef lui confie une mission importante : tenir avec un seul bataillon de cavalerie MAFEKING en Afrique du Sud. Cette ville est un lieu stratégique. L'ennemi le sait et a groupé autour de la ville des forces dix fois supérieures en nombre à celle de B.P. Le siège commence, implacable. B.P. se rend vite compte qu'il lui faut tous ses hommes valides pour tenir le siège. Qui s'occupera des réseaux de liaison, du guet, du ravitaillement ?

B.P. fait appel aux jeunes garçons de la ville. Il les groupe sous la conduite de l'un d'eux et leur confie des missions auxiliaires comme le transport des messages aux différents forts. Pendant les 217 jours que dura cet interminable siège, ces garçons font preuve d'un incroyable sens des responsabilités.


BP et son équipe à Mafeking.

La libération de la ville en mai 1900 fait de B.P. un héros national. B.P. publie toutes ses observations sur le "scouting" (l'art des éclaireurs militaires) en 1899 dans un petit fascicule destiné aux militaires : "Aids to scouting". A son retour en Angleterre, B.P. découvre avec surprise que son livre connaît un grand succès auprès de jeunes garçons qui s'en inspirent pour leurs jeux et activités.

B.P. décide de se mettre au travail et envisage l'utilisation de toutes les techniques qu'il a apprises et expérimentées lors de ses campagnes pour les mettre au service des garçons dans une optique de paix. Il écrit un deuxième livre : "Scouting for boys".

Mais avant de le publier, il veut faire une expérience et au cours de l'été 1907, il emmène vingt-quatre garçons sur l'île de BROWNSEA sur la côte anglaise. Il forme des patrouilles de sept garçons dirigés par l'un d'entre eux et les instruit par des jeux et des exercices sur l'art de comprendre la nature et de s'en servir, tracer des signes de piste et en suivre une, se tenir à l'affût, se diriger d'après les étoiles et aussi se suffire à soi-même, cuisiner et se débrouiller. Tout marche comme prévu.


BP et les premiers "scouts" embarquent pour Brownsea.

Encouragé, B.P. fait paraître son livre qui sera considéré comme "la bible du scoutisme".

Ce livre est, dans l'esprit de l'auteur, la mise à disposition de patronages et des mouvements de jeunesse d'une méthode éducative nouvelle, fruit de son expérience, fondée sur la loi, une promesse, la vie en patrouille et les activités au grand air. Des patrouilles de scouts naissent spontanément un peu partout en Grande Bretagne. Sans l'avoir vraiment voulu, B.P. est obligé d'organiser le mouvement naissant.

Dès lors commence pour B.P. ce que lui-même appelait sa "deuxième vie", qui se confond avec l'histoire du Mouvement scout. En 1910, il quitte l'armée sur les conseils du roi Edouard VII pour consacrer tout son temps au mouvement naissant. Il entreprend une série de voyages dans le monde pour le promouvoir. En 1912, il épouse Olave St. Clair Soames, qui soutiendra ardemment son mari et l'aidera jusqu'au bout à remplir sa mission. Ils auront trois enfants.

En 1909, B.P. organise une grand rallye qui rassemble 11000 scouts. Ce fut alors qu'un petit groupe de filles apparu derrière le long défilé des scouts. Quand B.P. leur demanda qui elles étaient, elles lui répondirent : "Nous sommes les Girl-scouts !" B.P. leur donna le nom de guides et confia l'organisation du scoutisme féminin à sa sœur.

Lors de la cérémonie de clôture du premier jamboree mondial, à Londres en 1920, B.P. fut proclamé "Chef scout du monde". Ce titre ne fut plus jamais attribué après sa mort.

Lors du troisième jamboree mondial, à Birkenhead (Angleterre) en 1929, le fondateur du scoutisme fut anobli et prit le titre de Lord Baden-Powell of Gilwell, du nom du centre de formation pour adultes qu'il avait créé en 1919.

Auteur infatigable, B.P. a écrit trente-deux livres, dont la moitié a été traduite en français. Il a obtenu un grade universitaire honorifique d'au moins six universités et il a reçu à l'étranger vingt-huit ordres et décorations.

En 1938, il décide de retourner en Afrique pour y finir ses jours, car sa santé se détériorait (il avait 81 ans). Il choisit de s'établir à Nyeri au Kenya, où il s'éteint le 8 janvier 1941 à l'âge de 83 ans. Jusqu'à sa mort en 1977, Lady Olave Baden-Powell poursuivit l'œuvre de son mari, contribuant au développement du scoutisme et du guidisme dans le monde entier.

"On m'a demandé de décrire plus complètement ce que j'avais à l'esprit en ce qui concerne la religion quand j'ai fondé le scoutisme et le guidisme. La question qu'on m'a posée était: "En quoi la religion y entre-t-elle ?" Eh bien, ma réponse est la suivante : Elle n'y entre pas du tout. Elle est déjà là. Elle est le facteur fondamental, sous-jacent, du scoutisme et du guidisme." (Conférence des Commissaires, Londres, 1926)

"Les connaissances qu'on a cherchées restent, celles qu'on n'a pas cherchées se perdent."

"La nature nous a donné une seule langue, mais deux oreilles, de façon à pouvoir écouter deux fois plus que nous ne parlons."

"Un homme qui n'a pas l'esprit chevaleresque n'est pas un homme."

"Faites votre devoir d'abord, vos droits vous seront reconnus ensuite."

Dernier message de BP :

Si, par hasard, vous avez assisté à la représentation de Peter Pan, vous vous souviendrez que le chef des pirates était toujours en train de préparer son dernier discours car il craignait fort que l'heure de sa mort venue, il n'eut plus le temps de le prononcer.

C'est à peu près la situation dans laquelle je me trouve, et bien que je ne sois pas sur le point de mourir, je sais que cela m'arrivera un de ces prochains jours et je désire vous envoyer un mot d'adieu. Rappelez vous que c'est le dernier message que vous recevrez de moi, aussi méditez-le.

J'ai eu une vie très heureuse et je voudrais qu'on puisse en dire autant de chacun de vous. Je crois que Dieu nous a placés dans ce monde pour y être heureux et pour y jouir de la vie. Ce n'est ni la richesse, ni le succès, ni la satisfaction égoïste de nos appétits qui crée le bonheur. Vous y arriverez tout d'abord en faisant de vous, dès l'enfance, des êtres sains et forts qui pourront plus tard se rendre utiles et jouir ainsi de la vie lorsqu'ils seront des hommes.

L'étude de la nature vous apprendra que Dieu a créé des choses belles et merveilleuses afin que vous en jouissiez. Contentez vous de ce que vous avez et faites en le meilleur usage possible. Regardez le beau côté des choses plutôt que le côté sombre.

Mais le véritable chemin du bonheur est de donner celui-ci aux autres. Essayez de quitter la terre en la laissant un peu meilleure que vous ne l'avez trouvée et quand l'heure de la mort approchera, vous pourrez mourir heureux en pensant que vous n'avez pas perdu votre temps et que vous avez fait de votre mieux. Soyez toujours prêts à vivre heureux et à mourir heureux. Soyez toujours fidèles à votre promesse d'éclaireur même quand vous aurez cessé d'être un enfant - et que Dieu vous aide à y parvenir !

Votre ami,

BADEN-POWELL